Le Greffier Noir, enquêtes et faits-divers

Affaire Claude Hermant, attentats du 7-9 janvier: «Dieu est un chien qui ressemble à un cochon» ou l'étrange histoire du JAF redevenu juge antiterroriste.

Par Alexis Kropotkine,

le 24 août 2017.

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Le procès pour trafic d'armes en bande organisée de l'importateur de l'arsenal d'Amedy Coulibaly, Claude Hermant, qui se tiendra du 11 au 15 septembre 2017 devant le tribunal correctionnel de Lille, sera présidé par Marc Trevidic.
Nommé fin 2015 premier vice-président du tribunal de grande instance de la ville, après 10 années consacrées à l'instruction des affaires de terrorisme islamique, l'ancien juge de la galerie Saint Eloi, du nom de l'aile où sont installés les cabinets des juges spécialisés, va donc retrouver dans les Hauts-de-France où il se lamentait d’abîmer ses compétences, ses premières amours.



Marc Trevidic, l'histoire d'un JAF redevenu juge antiterroriste.


Dire que chacun se souviendra ce qu'il faisait, et où il était, le 7 janvier 2015 à midi, est un lieu commun. Néanmoins, certains emplois du temps sont plus significatifs que d'autres. Plutôt que de recopier une énième fois la biographie du juge Trévidic, je me contenterai de rappeler deux ou trois coïncidences exotiques démontrant au mieux que le destin est effrontément et malicieusement noir.

 

trevidic.jpgSelon les journalistes M-F Etchegoin, M-A Lombard-Latune, D.Moisan et T. Lévèque qui rapportent l'anecdote dans leur livre Et soudain, ils ne riaient plus (Les Arènes, janvier 2016), au moment des attentats, Marc Trevidic, profitant d'une pause déjeuner, préparait son ampli et sa guitare dans la perspective du concert qu'il projetait de donner, le soir même, dans une librairie parisienne.

L’événement musical ayant été bien entendu reporté sine die, le 7 janvier fut un jour d'intense activité mais aussi de deuil, pour le juge mélomane, personnellement touché par la tragédie.
L'officier de sécurité de Charb, Franck Brinsolaro, tué dans les locaux du journal, n'était autre que son ancien garde du corps. Toujours selon les auteurs de Et soudain, ils ne riaient plus, « Franck Brinsolaro l'a accompagné partout, pendant cinq ans, au Liban, en Algerie, au Rwanda, au Burundi. » L'officier du SDLP lui avait d’ailleurs offert une caricature de Charb que le magistrat avait encadrée et affichée dans son bureau.


L'instruction et le jugement des affaires de terrorisme sont, depuis le rétablissement des juridictions d’exception, centralisés à Paris. Le monde de l'antiterrorisme est un univers clos, où les fonctions elles-mêmes s'exercent en des lieux géographiques restreints. Les cabinets des juges d'instruction spécialisés sont ainsi tous situés dans une aile ultra sécurisée du palais de justice de Paris couramment appelée « La galerie Saint Eloi ».

Nous ne savons pas ce que faisait la juge antiterroriste Laurence Le Vert, la doyenne du pôle Saint Eloi, à 11H30, le mercredi 7 janvier. A la différence de son collègue et voisin de bureau Marc Trevidic, à l'époque toujours en poste à Paris, son emploi du temps n'a pas été révélé par un pool de la presse institutionnelle.

 

 

L'histoire du DPS, à la régalade des conspirationnistes.


Le nom Le Vert n'est pas totalement étranger à l'histoire de Claude Hermant.
Comme l'avait précédemment relevé le Greffier Noir, aux alentours des années 1990 dans l'organigramme du DPS où il faisait ses premières armes, Claude Hermant était placé sous l’autorité hiérarchique de Gérard Le Vert, un parent de la juge Laurence Le Vert.


Le sigle du DPS, le service d'ordre du Front National.Gérard Le Vert appartenait à l'aile dure du Front National. Il aurait notamment participé, à en croire les informations de la commission d’enquête parlementaire sur le DPS (1999) dont nous allons reparler, à des manifestations licencieuses, et c'est un euphémisme, outre-Rhin. Gérard Le Vert a aussi occupé  immédiatement après la scission FN/MNR au tournant des années 2000 , le poste de N°1 du DPA, le service d'ordre du « parti félon » de Bruno Mégret.
Gérard Le Vert et Claude Hermant étant semble-t-il brouillés depuis près de quinze ans, l'information est anecdotique . Anecdotique mais néanmoins savoureuse lorsque l'on sait que sa parente, Laurence Le Vert était précisément, jusqu'à son  récent départ en retraite, l’une des 3 juges en charge de l’instruction des attentats du 7-9 janvier.

A l'époque lointaine et paradoxale où Jean Cabut pouvait encore librement, sans invoquer les tornades, comparer les femmes voilées à des sacs poubelles destinées à la benne à ordures, Charlie Hebdo militait pour l'interdiction du Front National et la dissolution de son service d'ordre, le DPS. « Face à la montée inquiétante du FN durant les années 1980, et suite au désastre des municipales qui ont vu l'arrivée de maires d'extrême droite dans les grandes villes comme Toulon, raconte Philippe Val dans son livre C’était Charlie (Grasset, novembre 2015), nous avons lancé une pétition demandant son interdiction (…) [Le DPS] tombait sous le coup des lois anti ligues de 1936. Notamment sur cette base, nous étions résolus à lui nuire ».
Le journal était alors à la pointe de la dénonciation du parti de Jean Marie Le Pen.  
La compagne de Caroline Fourest, Fiammetta Venner, s'était même infiltrée au sein d'une cellule du DPS du sud de la France, et en avait tiré un article, publié dans l'édition du 12 février 1997 de Charlie Hebdo . Intitulée « Les milices de Le Pen sont prêtes pour la guerre civile » l’enquête, cosignée par Venner et Anne Kerloc'h, était illustrée d'un dessin de Charb où un membre ahuri du service d'ordre frontiste, laissant en suspend le problème des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) affirmait que « tous les fachos n'étaient pas des DPS. »
Fiammetta Venner sera, deux ans après cette enquête, le 16 mars 1999, auditionnée par la Commission d’enquête parlementaire sur les agissements du DPS.
Un honneur qu'assez ironiquement elle partage avec Thierry Meyssan, entendu 2 semaines plus tôt, le 3 mars 1999. Certes, le « pape du conspirationnisme français » n'était pas encore, selon les mots de Philippe Val « devenu le négationniste du 11 septembre (…) qu' Ardisson a rendu célèbre. »

Amedy Coulibaly, l'un des terroristes du 7-9 janvier, posant dans les bois avec une arbalèteSongez donc que le 7 janvier 2015, aux alentours de midi, c'est dans les bras d'une part de Caroline Fourest, qui a signé près de 6 ouvrages avec Fiammetta Venner, et d'autre part de Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, que Jeannette Bougrab, l'ancienne secrétaire d’État à la jeunesse et à la vie associative de Nicolas Sarkozy, s'est effondrée en apprenant la mort de son amant, Charb. Certains lecteurs se rappelleront ici la polémique déclenchée dans plusieurs titres de la presse nationale par les propos de Valérie M. qui fréquentait Charb depuis des années et avait passé la nuit précédant le drame en compagnie du caricaturiste. La jeune femme s'était étonnée, dans le journal Le Parisien, en octobre 2015 « que les enquêteurs ne cherchent pas à savoir si d'autres personnes ou d'autres intérêts pourraient se cacher derrière les frères Kouachi. On ne peut pas se contenter de la seule thèse du terrorisme islamiste. » Une interview qui, du point de vue de Caroline Fourest, ne pouvait que « régaler les conspirationnistes ».

Songez aussi que les 7, 8 et 9 janvier 2015,  c'est entre autres avec le soutien logistique, à l'insu de son plein gré selon les conclusions provisoires de l’enquête, d'un ancien membre actif du DPS reconverti dans le nationalisme révolutionnaire et le survivalisme que les assaillants ont commis leurs crimes.

 

 

Selon la vidéo de revendication d'Amedy Coulibaly (10 janvier 2015) : "Dieu est un chien qui ressemble à un cochon".

Les coïncidences cheminent un chemin tortueux, dont il est difficile de tirer une quelconque conclusion, sinon que les aspérités du réel s'avèrent parfois rugueuses. Un domaine où la vidéo de revendication posthume d'Amedy Coulibaly marque un authentique point de non retour.


Extrait de la vidéo de revendication d'Amedy CoulibalyDans la troisième scène de ce film d'une durée totale de 7 minutes et diffusé le jour anniversaire de la mort de Choron, un 10 janvier, le drapeau de l’État Islamique pourtant systématiquement présent dans les autres séquences, a disparu, remplacé par 4 livres. A l'avant plan, Amedy Coulibaly pontifie sur « les raisons de l'attaque », et fait explicitement référence à « la vengeance du prophète ». L'un des livres mis en scène dans cette séquence, Une créature de rêve de Patricia Highsmith, raconte le meurtre d'une jeune mannequin prise en main par un caricaturiste new-yorkais et son épouse. Un chien compte parmi les personnages récurrents du roman ; ce chien s'appelle Dieu et il ressemble à un cochon... D'un strict point de vue religieux, le blasphème est réitéré plusieurs dizaines de fois (nous n'avons pas compté), le chien apparaissant toutes les 5 à 8 pages dans l'édition poche visible à l’écran. La rédaction de Charlie Hebdo n'avait guère fait pire...


Une créature de rêve est encadré, à gauche par un roman de Daniel Pennac, La petite marchande de prose, racontant les aventures de Benjamin Malaussène, le bouc-émissaire professionnel des éditions du Talion et à droite par Hygiène de l'Assassin d'Amélie Nothomb (adaptation theâtrale ci-contre. Voir au sujet de cette vidéo l'article du Greffier Noir révélant la présence d’une trace électronique intrigante et peut-être exploitable).

 

Entre Amedy Coulibaly et cette maigre et improbable bibliothèque, trône une kalachnikov importée par Claude Hermant. Durant l'introduction de la vidéo, un somptueux travelling nous permet d'admirer l’intégralité de l'arsenal introduit dans la filière logistique du 7-9 janvier par la barbouze lilloise. Une scène à l'humour acide dont l'intentionnalité éventuelle est un de ces mystères du 7-9 janvier qui ne seront, probablement, jamais éclaircis.

 



 

Le procès de Claude Hermant : les thèses en présence.


Quoi qu'il en soit, comment des armes importées par un militant de la droite nationaliste révolutionnaire, indicateur appointé de la gendarmerie et des douanes, ont-elles atterries entre les mains d'Amedy Coulibaly, « l'assassin de l'épicerie casher » ?
Les débats du procès censé répondre à cette question, lors duquel comparaîtront une dizaine d'individus, pour certains proches de l'appareil sécuritaire, pour d'autres sympathisants ou militants de groupuscules radicaux de la droite nationale s'annoncent, de l’avis des observateurs judiciaires locaux, particulièrement tendus.

Du côté des acteurs principaux, deux thèses essentielles vont s'affronter 5 jours durant : d'une part la défense de Claude Hermant qui, sans contester l'importation d'armes neutralisées de Slovaquie et de Belgique, clame que les armes litigieuses participaient d'une mission d'infiltration pour le compte de la gendarmerie. D'autre part, les officiers traitants de la barbouze lilloise, qui tout en reconnaissant le statut d'informateur immatriculé et rémunéré de Claude Hermant, l'accusent d'avoir trafiqué, « dans le dos des services, des armes pour son propre compte ».
Le logo de Seth Survivalisme, Seth Outdoor.Un trafic aux ramifications grandioses puisque certaines des armes importées neutralisées des Balkans entre mai et novembre 2014 par l'entreprise du couple Hermant, Seth Outdoor, sont directement – matériellement - impliquées dans les crimes du 7, 8 et 9 janvier, qu'il s'agisse du meurtre de Clarissa Jean Philippe, de l’agression contre le joggeur de La Coulée Verte de Fontenay-aux-Roses ou de l'assaut contre l'épicerie casher de La porte de Vincennes. Un dénommé Samir Ladjali, qui aurait été introduit auprès de Claude Hermant par un personnage intéressant de la nébuleuse lilloise dont nous évoquions, il y a quelques mois, les aventures tchécoslovaques, est actuellement désigné comme le chaînon manquant entre la filière Hermant et le réseau Coulibaly.  Dans ses premières auditions, Samir Ladjali a formellement contesté la nature terroriste de ses agissements et décrit Claude Hermant sous les traits d'un agent provocateur «  Au fur et à mesure du temps, raconte-t-il, quand je lui achetais ses casseroles, ses lots, il m'a ramené deux ou trois armes en me disant qu'elles ne fonctionnaient pas. Pour lui faire plaisir, pour lui dire « oui », j'ai déjà pris ses armes. Je gardais les armes chez moi mais pas plus d'une semaine et je lui ramenais (..) Anthony (l'associé d'affaires de Ladjali, nda) ne voulait pas entendre parler d'armes. »
Ce que ce dernier confirme : «  « Une fois, Samir est parti chercher des lots, il est revenu et il m'a dit que Claude Hermant lui avait proposé de vendre des armes vides à l'intérieur, qu'elles n'étaient pas en état de marche. Je lui ai dit de laisser tomber et de lui rendre. Nous ce qu'on voulait c'était la friterie », c'est à dire le commerce dont Claude Hermant et sa femme assuraient la gérance.
Samir Ladjali est, en dépit de ces dénégations, poursuivi pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Récemment, le 8 juillet 2017, un autre jeune homme, Abdelaziz S., présenté par la presse comme une relation de Ladjali, a lui aussi été mis en examen pour faits de terrorisme. D'après une source proche de l'enquête, citée par Le Parisien et l'AFP, « ...le suspect n'a fourni aucune explication satisfaisante pour justifier la présence de son ADN à l'intérieur de l'arme, mais assuré n'avoir eu aucune connaissance des intentions de Coulibaly ».


De leur côté, Hermant et consorts n'ont pas été renvoyés devant les tribunaux d'exception. La présidence de Marc Trévidic n'est pas sans receler, à cet égard, une certaine élégance. Mais au delà de l'aspect esthétique, tous les mis en examen lillois doivent-ils réellement s'en réjouir ?

 

Par Alexis Kropotkine, pour le Greffier Noir, le 24 août 2017.

 

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D'autres articles, ici et ailleurs sur la connexion Claude Hermant - Amedy Coulibaly et les attentats du 7-9 janvier 2015.

 

 

Sur le Greffier Noir:

 

- Attentat contre Charlie Hebdo : le point sur l’enquête ; pour Claude Hermant, le 7 janvier n’a pas eu lieu, 13 juillet 2017

 

 

- Affaire Claude Hermant : qui a grenouillé Abdelaziz E. ... et quelques autres ? (en flânant sur la piste des armes de Charlie Hebdo, les noyés de la Deûle), 16 février 2017.

 

 

- Attentats du 7-9 janvier 2015 : la défense médiatique du fournisseur des armes d’Amedy Coulibaly, Claude Hermant, mise à mal, 29 juin 2016.

 

 

- La connexion Claude Hermant - Amedy Coulibaly en infographie. Quelque part entre Pennac et Nothomb, l’assassin court toujours, 6/06/2016 et 24/02/2016.

 

 

- Attentat contre Charlie Hebdo: Emmanuelle C., la gendarme compagne d'un complice d'Amedy Coulibaly, a été condamnée à 1 an de prison avec sursis, 24/01/2016.

 

 

 

- Attentat contre Charlie Hebdo: selon la presse croate Claude Hermant aurait remilitarisé l'arsenal d'Amedy Coulibaly, 11/01/2016

 

 

 

- Attentats contre Charlie Hebdo: Claude Hermant et sa compagne, Aurore Joly, placés en garde à vue et entendus par la justice antiterroriste, 16/12/2015

 

 

 

- Charlie Hebdo: une des juges en charge de l'instruction des attentats de Paris est apparentée à un ancien cadre du DPS, ex-supérieur hiérarchique de Claude Hermant, 7 novembre 2015.

 

 

 

- Charlie Hebdo: la gendarme, compagne d’Amar Ramdani, l’un des complices d’Amedy Coulibaly, a été radiée, 30 septembre 2015.

 

 

 

- Attentats contre Charlie Hebdo: la connexion Claude Hermant - Amedy Coulibaly couverte par le secret de la Défense nationale, 17 septembre et 27 septembre 2015.

 

 

 

- Charlie Hebdo: la connexion Hermant-Coulibaly recèle-t-elle une partie des mystères du 7 janvier ? 14 mai 2015.

 

 

- Charlie Hebdo: la trace électronique d'un complice d'Amedy Coulibaly probablement sur Viméo, 1/06/2015.

 

 

 

- Attentats contre Charlie Hebdo: Une créature de rêve de Patricia Highsmith dans la vidéo de revendication avec Pennac et Nothomb, 20 mars 2015

 

 

 

Ailleurs sur l'Internet:

 

 

- les archives de Lutte en Nord, notamment cet article de 2009.

 

 

 

- Confessions d'un Fantôme, 6 juin 2001, Renaud Dely et Karl Laske, Libération.

 

 

 

- Inciter à la rébellion, 6 juin 2001, Karle Laske, Libération.

 

 

 

- Le rapport de l’Assemblée Nationale sur le DPS //www.assemblee-nationale.fr/11/dossiers/dps/r1622p01.asp , notamment  l’audition de Bernard Courcelle révélant le lien de parenté unissant Laurence Le Vert et le général Le Vert à l'ancien supérieur hiérarchique de Claude Hermant au sein des DPS/DPA , Gérard Le Vert  //www.voltairenet.org/article3261.html (et aussi notre article)  

 

 

 

- Avant Bardo, le DPS calomnié, par Serge de Beketch, 15 mai 2003 (à propos de la condamnation de Claude Hermant pour diffamation)

 

 

 

 

 

Les enquêtes de La Voix du Nord:

 

 

 

- Trafic d’armes : la police judiciaire va-t-elle remonter de l’ultra-droite jusqu’à Coulibaly ? , 21 janvier 2015, La voix du Nord.

 

 

 

- Quand l’indic veut sortir de l’ombre , Patrick Seghi, Benjamin Duthoit et Claire Lefebvre, 12 août 2015, La Voix du Nord.

 

 

 

- Affaire Hermant : les avocats de la défense estiment que l’instruction est « biaisée », Patrick Seghi, 3 octobre 2015, La Voix du Nord.

 

 

 

 

 

Les enquêtes de Médiapart:

 

 

 

Attentats de Paris: l’énigme des armes de Coulibaly, Karl Laske, 11 septembre 2015

 

 

 

- Quatre services de sécurité connaissaient les fournisseurs d’armes de Coulibaly, Karle Laske, 7 mai 2016.

 

 

 

 



24/08/2017
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