Le Greffier Noir, enquêtes et faits-divers

Norman Mineta et l'attentat du Pentagone: nouvelles révélations ?

Une note de travail de la Commission d'enquête sur les attentats du 11/09/2001, récemment déclassifiée, fait depuis la mi-mars l'objet de discussions animées dans le landerneau des chercheurs sur le 11/09 et ramène au centre des débats les témoignages successifs de l'ancien ministre des transports de l'administration Bush, Norman Mineta.




Rendue publique suite à une requête F.O.I.A. (1) de John Farmer, cette note recopiée d'après les carnets du Secret Service par Miles Kara, un enquêteur du groupe de travail sur l'attentat du Pentagone, semble confirmer la déposition de Norman Mineta qui, auditionné le 23 mai 2003 par la Commission d'enquête, avait perpétré cette déclaration: "Pendant que l'avion s'approchait du Pentagone, un jeune homme est entré et a dit au viceprésident "L’avion est à 80 kilomètres". "L’avion est à 50 kilomètres". Lorsqu’il a dit "l’avion est à 15 kilomètres", le jeune homme a aussi demandé au vice-Président : "les ordres tiennent-ils toujours ?’" Le vice-président s’est retourné, a eu un mouvement sec de la tête et a répondu: "Bien sûr qu’ils tiennent toujours ! Avez-vous entendu le contraire ?"

 

Présentée par les sceptiques comme "le témoignage oculaire d'un ordre de non intervention" (2), attaquée par les partisans de la version officielle estimant que l'ancien ministre devait confondre en 2003 le vol 77 et le vol 93, crashé en Pennsylvanie à 10H06, la déposition de Mineta est en contradiction non seulement avec le fil chronologique retenu par la Commission Kean-Hamilton, au terme duquel le vice président ne serait arrivé au PEOC (3) qu'aux environs de 10H00, soit une dizaine de minutes après le crash du vol 77 sur le Pentagone, mais également avec le coeur de la thèse officielle, censé expliquer l'incapacité des militaires à intercepter et abattre les appareils détournés.


Selon la Commission, le vol AA77 fut repéré par la tour de contrôle de Dulles Airport à 9H32, 5 minutes avant l'impact contre la façade ouest du Pentagone. Ce repérage tardif expliquant pourquoi l'appareil ne fut ni intercepté ni abattu par l'US Air Force et justifiant incidemment que le Pentagone n'ait pas été évacué, la Commission avait d'excellentes raisons d’écarter tout fait ou témoignage contradictoire, fut-il celui du ministre en charge des transports aériens ce 11/09. Aucune trace de la déposition du 23 mai 2003 ne subsiste dans le rapport final publié en novembre 2004.

Les chercheurs pensaient enfin tenir, avec la note déclassifiée du Secret Service, la première corroboration documentaire de l'audition du 23 mai, tant les distances et les horaires consignés dans le document lui apparaissent conformes. Toutefois son auteur conteste l'interprétation du courant sceptique sur la base d'une série d'arguments essentiellement fondés sur des entrées ignorées ou mal interprétées dans les premières analyses publiées sur l'internet. Pour Miles Kara (4), loin de confirmer le témoignage de Mineta, la note appuierait l'heure officielle d'arrivée de Cheney au PEOC (5), les autres entrées étant inexploitables faute de précisions sur les appareils concernés par les annotations du Secret Service.

 

 

A défaut d'éléments définitifs permettant de trancher la question, pouvons-nous constater qu'entre 2002 et 2003 les déclarations de Mineta étaient confortées par plusieurs sources gouvernementales crédibles parmi lesquelles Richard Clarke, Condoleezza Rice et Dick Cheney lui même, qui affirmera à 2 reprises, le 16 septembre 2001 (6) puis en 2002, avoir rejoint le PEOC avant le crash du vol 77 contre le Pentagone.

 

 

 

 

Quoi qu'il en soit de ces problèmes chronologiques débattus par les experts, la polémique renaissante sur Mineta illustre l'importance de ce témoin pour la compréhension des événements du 11/09 en général, et de l’attentat du Pentagone en particulier.

A l'occasion du 1er anniversaire des attentats, l'ancien ministre des transports avait livré à la chaîne NBC ses souvenirs sur la trajectoire d'approche du vol 77.

Selon Mineta, l’administrateur adjoint de la FAA Monte Belger qui le tenait informé minute par minute de la situation des appareils détournés, l'aurait averti que le vol 77 «revenait vers le Pentagone en empruntant la ligne de vol communément appelée D.R.A.» (7). Cette description soutient de manière inattendue les travaux du chercheur et documentariste Craig Ranke dont les conclusions iconoclastes ont radicalement remis en cause les premières thèses alternatives sur l'attentat d'Arlington. D'apès Ranke, l'avion unanimement décrit par les témoins oculaires et présenté par la version officielle comme étant le vol American Airlines 77 n'aurait pas frappé mais survolé le Pentagone (8), un scénario basé sur les témoignages de policiers, d'employés du cimétière National d'Arlington et du controleur aérien de l'heliport, tous situés à quelques mètres de la façade du batiment.



Comme le montre la carte ci-dessus, la thèse officielle (en rouge) exige que le vol 77 ait survolé le flan sud de la station service CITGO après une boucle à l'ouest du fleuve. Les témoins oculaires interrogés par Craig Ranke décrivent une trajectoire par l'est, conforme aux souvenirs de Mineta sur la Down River Approach, croisant le Potomac et Washington avant un passage au nord de la station service.

Cette trajectographie, strictement incompatible avec le tracé des dégâts matériels et les données déclassifiées ces 5 dernières années, constitue un pan testimonial de la critique du récit officiel des attentats aujourd'hui solidement documenté, en outre corroboré par l'analyse scientifique des boites noires du vol 77 conduite par Pilots for 911 Truth. En conclusion d'un article du 3 mars 2011 (9) synthétisant 4 années de recherche Rob Balsamo, le fondateur de l'association, rappelle que pas une seule des données sur l'attentat du Pentagone en provenance du NTSB (10) ou du gouvernement fédéral ne soutient les affirmations de la commission d'enquête, qu'il s'agisse des trajectoires, des vitesses encaissées par le vol 77 ou du format des données brutes du F.D.R. (11) qui ne serait pas celui de la compagnie American Airlines.

 

Alexis Kropotkine

 

 

 

Cet article a été publié en mai 2011 dans le magazine Nexus, disponible en kiosque jusqu'au 1 juillet.

 

 

Notes:


1: FOIA est l'abréviation commune pour Freedom Of Information Act, une loi obligeant les administrations américaines à mettre à la disposition du public leurs archives.

2: PEOC: Presidential Emergency Operations Center: centre opérationnel d'urgence situé sous la Maison blanche, également appelé "le bunker".

3: David Ray Griffin, La faillite des médias, éditions Demi-Lune pages 52 à 55.
4: Miles Kara, 911 Secret Service Timelines; in perspective a most chaotic time, 15 mars 2011 http://www.oredigger61.org/?p=3785

5: Selon Miles Kara, l'entrée de 9H37 «VP» se rapporterait aux mouvements du Vice-Président.

6: Meet the Press, NBC 16 septembre 2001.

7: DRA: Down River Approach, ligne de vol habituelle empruntée le long du fleuve Potomac par les appareils à destination ou en partance du Reagan National Airport, à 2 miles du Pentagone.

8: "National Security Alert, The Pentagon Attack", Citizen Investigation Team, juin 2009. Le film peut être visionné gratuitement sur le site citizeninvestigationteam.com

9: «Overwhelming Evidence Pentagon Aircraft Data Is Not From An American Airlines 757» http://pilotsfor911truth.org/forum/index.php?showtopic=21149

10: NTSB, National Transportation Safety Board, équivalent américain du «Bureau Enquête Accident».

11: F.D.R. abréviation de Flight Data Recorder: enregistreur des données de vol, communément appelé «boites noires».

 

©Nexus, éditions Chantegrel, mai 2011. Toute reproduction interdite sans l'accord écrit de l'éditeur




13/06/2011
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