Le Greffier Noir, enquêtes et faits-divers

Un goulag américain : l'enfer carcéral de la prison fédérale de Florence

Par Virginie Ikky,

8 novembre 2015.

En 1862, dans un livre intitulé « Souvenirs de la maison des morts » se déroulant dans un goulag russe, Dostoïevski a écrit que " le degré de civilisation d'une société peut être jugée en entrant dans ses prisons". 150 ans plus tard, aux États-Unis, la prison Supermax de Florence est le nouveau goulag technologique, « a clean version of hell » selon un ancien surveillant.

 

Vue exterieure de la prison Supermax de Florence violence politique terrorisme domestic terrorists kkk fraternite aryenneLa prison Supermax de Florence a été construite et conçue en réponse à plusieurs incidents graves s'étant déroulés dans les prisons fédérales, particulièrement suite à l’attaque du pénitencier de Marion, dans l’état de l'Illinois, le 22 Octobre 1983. Ce jour là, les agents carcéraux Merle Clutts et Robert Hoffman ont été poignardés à mort par des détenus. L'assassin de Clutts, Thomas Silverstein, purge trois peines d’emprisonnement à vie à Florence. L'assassin de Hoffman, Clayton Fontaine, est mort en prison de causes naturelles. Mais c’est le cas Silverstein qui fut l’élément déclencheur.

 

Thomas Silverstein à la prison Supermax usa terrorisme violence politiqueThomas Silverstein est incarcéré depuis 1977 et considéré comme l’un des détenus les plus dangereux des États-Unis. En 1971, à dix-neuf ans, Silverstein est incarcéré à la prison de San Quentin en Californie pour vol à main armée. Quatre ans plus tard, il est libéré sur parole, mais arrêté peu de temps après avec son père, Thomas Conway, et son cousin, Gerald Hoff, pour trois vols à main armée. En 1977, Silverstein est condamné à purger quinze ans de prison pour vol à main armée.

 

Pendant son incarcération à Leavenworth, une prison de haute sécurité fédérale du Kansas, Silverstein a entretenu des liens avec l'aryan brotherhood, gang ultra-violent réputé dans le milieu carcéral américain pour sa dangerosité et sa main-mise sur le trafic de drogue. Selon le FBI, bien que ses 10.000 membres ne représentent que 0,1 % de la population carcérale, l'aryan brotherhood serait responsable de 30 % des meurtres commis en détention. Le climat d’insécurité des prisons fédérales américaines est tel qu'il oblige souvent les détenus à rejoindre un groupe, ethnique bien souvent, pour bénéficier d'une protection. En 1980, Silverstein aurait assassiné le détenu Danny Atwell, qui aurait refusé de servir de mule pour un trafic d'héroïne. Il est condamné à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle et transféré au pénitencier de Marion, qui était alors la prison de haute sécurité la plus dure aux USA. La prison fédérale de Marion avait ouverte en 1963 pour remplacer celle d’Alcatraz, où étaient enfermés les prisonniers considérés comme les plus dangereux au niveau fédéral. C’est à Marion, en 1973, que sera conçue, pour une soixantaine de prisonniers, l’une des premières « unités de contrôle ». 

 

En 1981, Silverstein a également été accusé de l'assassinat de Robert Chappelle, un détenu noir membre du DC BLACK, un gang qui va entrer en guerre contre la fraternité aryenne. Pour ce meurtre, Silverstein et un autre détenu, Clayton Fontaine, seront à nouveau condamnés sur la base de témoignages émanant d'informateurs de la prison. Silverstein doit alors purger une nouvelle peine de prison à perpétuité alors qu’il se dit innocent, mais plus grave, Raymond "Cadillac" Smith, le leader national du gang DC BLACK, est transféré au même moment à Marion et met sa tête à prix, sans que les autorités pénitentiaires ne s'en préoccupent. La gestion de la violence par les autorités pénitentiaires consistait alors à être spectatrice des conflits et à condamner les survivants. Dès lors, le choix de Silverstein consiste à tuer ou être tué. Silverstein et Clayton Fountain tuent Cadillac Smith de 67 coups de couteau, et c’est une nouvelle peine de prison à perpétuité qui s’ajoute au casier judiciaire de Silverstein. 

 

Le 22 Octobre 1983, rompu à la violence et pétri de haine à l'encontre du système carcéral, Silverstein assassine Merle Clutts, un surveillant qui n’aurait cessé de le brimer, notamment en détruisant ses peintures. Silverstein était obsédé par ce gardien et planifia soigneusement le meurtre plusieurs mois avant de passer à l'acte. Quelques heures plus tard, l'ami de Silverstein, Clayton Fontaine, tue un autre agent pénitentiaire, Robert Hoffmann. Ces évènements ont profondément marqué le système carcéral fédéral américain, miné par les gangs et la violence. La vengeance du système frappa en premier les détenus de Marion, tous placés à l'isolement du jour au lendemain suite à ces meurtres. Alors que la moyenne du temps passé hors d'une cellule est de 13 heures par jour dans les prisons fédérales, les détenus de Marion passèrent tous à 90 minutes par jour, sans compter les fréquents tabassages de représailles.

 

Il fut alors décidé de dupliquer ce modèle de confinement des détenus, l'isolement total devenant un moyen de gestion courant des plus récalcitrants. On parle alors de « marionisation » des prisons américaines car elles sont de plus en plus nombreuses à s’inspirer du régime de détention en cours à Marion. Les quartiers de Haute-Sécurité vont se multiplier : Cela peut s’appeler « Special Housing Unit » (comme à Pelican Bay, Californie), « Intensive Management Unit » (comme dans l’État de Washington), « Security Housing Unit », « Restricted Housing Unit », « Behavioral Management Unit » ou encore « Communications Management Unit ». Le caractère théoriquement dissuasif d'une nouvelle condamnation à perpétuité étant sans effet sur un détenu comme Silverstein qui en exécutait déjà plusieurs, il fallait donc durcir à l'extrême les conditions de détention.

 

La première prison dont la construction intègre des impératifs liés au régime de haute sécurité ouvre en 1989. C’est la prison de Pelican Bay et ses fameuses 1 200 cellules sans fenêtre du SHU (Special Housing Unit). Au milieu des années 1990, la marionisation est bien avancée : 45 États et le système fédéral possèdent des quartiers de haute sécurité tandis qu’apparaît une nouvelle génération de prisons haute sécurité : les « supermax ». C'est ainsi fut conçue la prison Supermax de Florence dans le Colorado, une version améliorée du pénitencier de Marion, qui a ouvert ses portes en 1994 et accueille les détenus les plus dangereux du système carcéral fédéral.

 

Silverstein y est actuellement détenu, à l’isolement total, une forme de torture totalement revendiquée par les autorités pénitentiaires, qui veulent faire de ce détenu un exemple : «Nous ne pouvons pas exécuter Silverstein, nous n’avons donc d'autre choix que de faire de sa vie un enfer. Sinon d’autres détenus vont tuer des gardes. Il doit y avoir un châtiment suprême. Chaque détenu sait ce que Silverstein traverse. Nous voulons qu'ils se rendent compte que s’ils franchissent la ligne rouge, ils vont payer un lourd tribut. »

 

The-Federal-Correctional Vu aérienne de la prison Supermax de Florence greffier noir violence politiqueL'unité Supermax ADX de Florence héberge environ 500 détenus de sexe masculin, affectés chacun à l'un des six niveaux de sécurité. L'installation est surtout connue pour loger les détenus les plus « renommés », tels que les leaders de gangs violents, Larry Hoover des Gangster Disciples, Barry Mills et Tyler Bingham de la Fraternité aryenne. L’ADX abrite également des terroristes étrangers comme Zacarias Moussaoui, seule personne condamnée par un tribunal civil pour les attentats du 11 Septembre 2001, Faisal Shahzad, l'auteur de l'attentat de Times Square à la voiture piégée en 2010 et Ramzi Yousef, le cerveau de l'attentat de 1993 contre le World Trade Center; ainsi que les terroristes américains : Ted Kaczynski, Eric Rudolph, Terry Nichols, ou Robert Hanssen, l'ancien agent du FBI qui a livré plusieurs espions à l'Union soviétique et la Russie, et qui purge 15 peines de prison à perpétuité successives pour ses crimes.

 

Fin 2012, la prison a également accueilli l'ancien imam de la mosquée de Finsbury Park Abu Hamza et quatre autres terroristes qui étaient incarcérés au Royaume-Uni. La Cour Européenne des Droits de l'Homme a validé leur extradition malgré les arguments de la défense qui faisait valoir que leurs clients seraient exposés à des traitements inhumains à leur arrivée à Florence, en particulier Abu Hamza qui est borgne et a été amputé d'une main. Ils ont rejoint la "H Unit", qui héberge les terroristes islamiques.  Abu Hamza a été condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de remise de peine par une Cour fédérale américaine en janvier 2015 pour son implication dans l'enlèvement de touristes au Yémen.

 

La prison abrite également les détenus qui présentent un risque de fuite élevé, comme Richard McNair, qui s’est échappé à trois reprises avant d'être envoyé à l'ADX. Certains prisonniers ont tué des gardes ou des prisonniers dans d'autres structures. Mais beaucoup d'autres débarquent ici simplement en raison de leur notoriété ou de leurs idées politiques. Ted Kaczynski, Eric Rudolph, et Terry Nichols sont tous des personnages notables, mais aucun d'entre eux ne présente de risque avéré dans un environnement carcéral ordinaire. Beaucoup de détenus sont musulmans et incarcérés pour des infractions en lien avec le terrorisme, avec des degrés d'implication parfois insignifiants comme dans le cas de Syed Fahad Hashmi, reconnu coupable d’avoir conspiré pour fournir à Al-Qaeda des chaussettes et des ponchos de pluie, et qui purge 15 ans de prison.

 

 

 

 

Les détenus passent 23 heures par jour enfermés dans leurs cellules et sont escortés par un minimum de trois officiers pour leurs cinq heures de récréation privée par semaine. Chaque cellule dispose d'un bureau, un tabouret et un lit, qui sont presque entièrement réalisés en béton coulé, ainsi que des toilettes, une douche qui fonctionne sur une minuterie, et un évier sans robinet. Les chambres peuvent également être équipées de miroirs en acier poli boulonnés au mur, une lumière électrique qui ne peut être coupée qu’à distance, d'une radio, et, en de rares occasions, une télévision en noir et blanc qui diffuse des programmes récréatifs, éducatifs et religieux. En outre, toutes les cellules sont insonorisées pour empêcher les prisonniers de communiquer les uns avec les autres via le code Morse ou par tout autre moyen.

 

Les fenêtres sont conçues pour empêcher les détenus de connaître leur emplacement exact à l'intérieur du complexe, car ils ne peuvent voir que le ciel et le toit, ce qui rend pratiquement impossible de planifier une évasion. Les détenus font de l’exercice dans une fosse en béton ressemblant à une piscine vide, également conçu pour les empêcher de connaître leur emplacement dans l'établissement. Toute communication avec le monde extérieur est interdite, et la nourriture est livrée à la main par les agents carcéraux. A titre exceptionnel, les détenus nouveaux arrivants peuvent être autorisés à manger dans un réfectoire.

 

La prison contient une multitude de détecteurs et caméras, ainsi que 1.400 portes en acier commandées à distance. Depuis le centre de contrôle de la prison, les gardes surveillent les détenus 24 heures par jour et peuvent appuyer sur un « bouton panique » qui ferme instantanément toutes les portes de l'établissement. Des clôtures bordées de fil barbelés entourent le périmètre, patrouillé par des gardes lourdement armés accompagnés de chiens. Dans les cas extrêmes de mauvaise conduite, le centre de la prison abrite une zone connue comme « Z-Unit » ou « The Black Hole », qui peut accueillir jusqu'à 148 détenus dans des cellules sombres entièrement insonorisées. Chaque cellule Z-Unit est équipée d'un ensemble complet de dispositifs de retenue du corps harnaché directement à un lit de béton.

 

Le régime de haute sécurité implique diverses formes de privation sensorielle : lumière ou, à l’inverse, obscurité permanente et absence de lumière naturelle, insonorisation ou bruits de fond empêchant d’entrer en contact avec les personnes détenues dans les cellules voisines. Les contacts humains, y compris avec les gardiens, sont réduits au minimum : les repas sont distribués par une ouverture dans la porte de la cellule, les promenades s’effectuent seuls et les activités culturelles, éducatives ou thérapeutiques sont rares, voire inexistantes. Les possibilités de correspondance, le droit de passer des appels téléphoniques sont réduits et les conditions de visite sont extraordinairement restrictives (quasi-systématiquement derrière une vitre). À cela s’ajoute l’éloignement des prisons des centres urbains, ce qui ne facilite pas les déplacements des proches.

 

Eric Rudolph, auteur de l’attentat des JO d’Atlanta en 1996, a déclaré dans une série de lettres de 2006 à un journal de Colorado Springs que l'ADX est destinée à « infliger misère et douleur ». Il a tenté une grève de la faim en 2013. Un ancien gardien décrit l'endroit comme « une version propre de l'Enfer ». Ramzi Yousef a déposé plusieurs demandes de transfert vers un pénitencier de sécurité inférieure pour sortir de 18 ans d'isolement. En Juin 2009, Richard Reid, le terroriste qui a tenté de faire exploser un vol American Airlines avec des explosifs cachés dans ses chaussures a entamé une grève de la faim et a été nourri de force. Quant à la mère de Zacarias Moussaoui, elle n'a quasiment plus de lien avec son fils et n'a aucune réponse à ses lettres depuis plusieurs années.

 

Beaucoup de prisonniers développent des troubles mentaux, crient, et tapent sur les murs de leurs cellules. Certains se mutilent le corps avec des rasoirs, des éclats de verre, de os de poulet aiguisés,  des ustensiles d'écriture, et tous autres objets qu'ils peuvent obtenir. D'autres ont des conversations délirantes avec des voix « qu'ils entendent dans leurs têtes ». Les tentatives de suicide sont fréquentes; beaucoup ont été couronnées de succès. Ces abus vont être dénoncés au travers du cas de Jack Powers, un braqueur de banque qui a atterri à l'ADX après s’être évadé d’une autre prison. Il a tout d’abord été incarcéré à la prison fédérale d'Atlanta en 1990, pour y purger une condamnation pour braquage de banque ; quelques années plus tard, il est témoin d’un meurtre fomenté par trois détenus, membres de la fraternité aryenne. Obligé de témoigner pour l’accusation, sa vie était gravement menacée et il est alors transféré dans une prison fédérale en Pennsylvanie, où les menaces continuent, entraînant son placement à l’isolement. Powers est devenu insomniaque et sa santé mentale précaire.

 

Au lieu de le soigner, les fonctionnaires l'ont transféré encore une fois vers une autre prison fédérale du New Jersey. Là, Powers a été informé par les fonctionnaires qu'il allait être retiré du programme de protection des témoins et transféré de nouveau dans la population générale de la prison. Craignant pour sa vie, il parvient à s’évader. Quand il est repris deux jours plus tard, c’est pour être transféré à Florence, qui abrite les éléments les plus dangereux de la fraternité aryenne contre qui il a témoigné.

 

Tyler Bingham - Barry Mills / Aryan Brotherhood KKK racism racisme violence politiqueSans antécédents psychiatriques ni symptômes de maladie mentale grave avant d’arriver à Florence,  Jack Powers a totalement sombré et commis plusieurs tentatives de suicide et actes d'automutilation, de telles manifestations n'étant cependant pas tolérées à Florence, où elles sont considérées comme des violations disciplinaires. La seule éclaircie viendra d'un codétenu, José Véga, incarcéré dans la cellule juste au-dessous de celle de Powers avec qui il va réussir à parler par les tuyaux de plomberie. Pour la première fois depuis des années, Powers peut avoir une conversation et les deux détenus se soutiennent mutuellement ; Mais José Véga est incarcéré à Florence pour avoir attaqué un gardien et les surveillants s'appliquent à le briser mentalement, en confisquant son courrier ou en jetant sa nourriture par terre. José Véga sera retrouvé pendu dans sa cellule. Jack Powers commence alors une étrange transformation, se tatouant artisanalement le visage et le corps, sa santé mentale se dégrade un peu plus.

 

 Jack Powers Supermax FLorence violence politique bacoteIl a été à maintes reprises transféré dans un établissement psychiatrique du Missouri, où les médecins diagnostiquent un syndrome de stress post traumatique et prescrivent des médicaments. Son traitement lui est retiré dès son retour à Florence. Les règles sont les règles, et aucun détenu de l'unité de Powers n'est autorisé à se voir administrer des médicaments psychotropes. Des avocats et associations d’aide aux détenus vont en 2012 déposer une class action à laquelle Powers sera associée, contre le bureau fédéral des prisons gérant l’établissement, demandant qu’il soit enjoint à l’administration de garantir un accès aux soins pour les malades mentaux. Parmi les autres plaignants, Mickaël Bacote, diagnostiqué retardé mental, qui a atterrit à Florence après avoir été condamné pour son implication dans le meurtre d'un codétenu. Il souffre depuis d'une sévère dépression et de troubles paranoïdes. Vient ensuite Harold Cunningham, souffrant de schizophrénie paranoïde, qui purge 380 ans de prisons. En 2001, il est transféré à Florence dans le control unit et son traitement médical est arrêté du jour au lendemain. Ernest Norman Shaifer vient d'une famille au lourd passé psychiatrique et n'a reçu aucun traitement pendant la dizaine d'années qu'il a passées à Florence. Enfin, John Narducci, qui se travestit en femme en prison, dont les médecins ont recommandé qu'il soit incarcéré dans un établissement de sécurité médiane pour recevoir le traitement médicamenteux qui lui fait défaut à Florence.

 

A Florence, seuls deux psychologues sont responsables de la santé mentale d'environ 500 prisonniers dont beaucoup souffrent de maladies mentales chroniques graves ou d'autres problèmes de santé. Les entretiens se déroulent souvent au travers des barreaux de la cellule, avec un agent de correction à proximité. Même quand les détenus sont autorisés à prendre des pilules, le personnel distribue irrégulièrement les médicaments rendant impossible le respect des posologies. La distribution est très aléatoire et il y souvent des erreurs. Les membres du personnel manquent de formation et des compétences nécessaires pour gérer les détenus malades mentaux en toute sécurité et efficacement.

 

Ainsi, les prisonniers souffrant d’épisodes psychotiques sont fréquemment soumis à un traitement barbare et à une torture physique renvoyant aux cachots du Moyen-Age : ils se retrouvent enchaînés en croix par les bras et par les jambes à un bloc de béton - souvent pour des périodes prolongées, obliger de faire leurs besoins naturels sur eux. Les détenus allèguent également des privations de nourriture. A titre de sanction disciplinaire, le repas de certains détenus est transmis dans un sac en papier contenant un sandwich ou deux et un morceau de fruit. Beaucoup de détenus ont trouvé des sacs vides.

 

Cette plainte a d’ores et déjà permis d’améliorer un peu le traitement des détenus de la prison de Florence, le Bureau des prison ayant engagé des psychologues supplémentaires et mis en place un programme de traitement des maladies mentales. La plupart des détenus associés à la plainte ont été transférés vers d’autres prisons. Jack Powers a ainsi pu rejoindre la population générale en 2013, à Tucson en Arizona. Il est aujourd'hui incarcéré dans un établissement psychiatrique dans le Missouri. La prison de Florence a accueilli récemment Dzhokhar Tsarnaev, dans l'attente de son exécution, et le gouvernement américain étudie  la possibilité d’y transférer une partie des détenus de Guantanamo.

 

Ce n'est qu'en 2006 que les détenus du pénitencier de Marion ont recouvré un peu de liberté de mouvement, lorsque la prison est descendue d'un niveau de sécurité. Thomas Silverstein détient lui le record de temps d'incarcération à l'isolement total pour un prisonnier fédéral: 32 ans. En dehors du système fédéral, le record est détenu par les "Trois d'Angola" surnom donné à trois prisonniers américains : Robert Hillary King (né Robert King Wilkerson), Albert Woodfox et Herman Wallace, membres du Black Panther Party. Ils ont tous trois été placés à l'isolement à la prison de sinistre réputation Angola de Louisiane après le meurtre d'un surveillant en 1972. Albert Woodfox, dernier des trois membres encore incarcéré, détient le record absolu de temps de détention à l'isolement soit 43 ans. Herman Wallace est lui décédé le 4 octobre 2013, trois jours après sa libération. Environ 1 % des détenus sont à l'isolement total dans les prisons américaines.

 

mise à jour du 28 février 2016 : Albert Woodfox est sorti de prison le 19 février 2016.

 

 

Virginie Ikky pour  Greffier Noir le 30 octobre 2015

 

 

1°) Daily Mail inside Alcatraz of the rockies

 

2°) the atlantic - An American Goulag

 

3°) Colorado Independent - finally among the living

 

4°) Solitary watch

 

5°) Slate - Marion prison lock down



08/11/2015
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